Vaincre sa peur et se lancer

 
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Vous est-il déjà arrivé d’avoir une idée de projet, d’y réfléchir, de la développer, d’y investir parfois même un peu d’argent, pour finalement vous dégonfler lorsque vient le moment de se jeter à l’eau ? Si oui, alors bienvenue au club !
J’ai toujours été le genre de personne qui veut tout faire. Dessiner, danser, chanter, jouer de la guitare, faire des vidéos, faire de la photo … ça en fait des choses. Et pourtant, lorsqu’il s’agissait d’être assez fière de mes efforts pour me lancer officiellement, mon enthousiasme retombait aussitôt. Pouf. Comme un soufflé. Pourquoi ? Parce que j’avais tout simplement peur du regard des autres.
Le regard des autres fait peur à beaucoup d’entre nous. Que va-t-on penser de moi ? Que faire si personne n’apprécie mon travail ? On oublie souvent de se demander : “Et si finalement ça plaisait ? Si ça marchait ? Est-ce si grave de ne pas plaire à tout le monde ?”. Toutes ces questions, positives comme négatives ne pourront jamais avoir de réponses.
À moins qu’on arrive à vaincre sa peur et se lancer.

Mais alors, comment faire ?
C’est un processus long, qui demande un gros travail sur soi. Je ne prétends pas avoir la réponse à cette question, car moi-même j’apprends encore. Mais le lancement officiel de ce blog est la preuve que pour cette fois, j’ai réussi.
Lorsque j’ai eu l’idée et l’envie de créer mon propre blog, la petite impatiente que je suis n’a pas attendu une minute pour se mettre au travail. Après avoir fait les démarches pour créer mon site, je m’étais fixée une date précise pour le lancement.
Et c’est à ce moment là que les doutes sont apparus. Je me demandais si j’avais pris la bonne décision, si ça valait le coup de se lancer dans le blogging alors que j’avais un mémoire à écrire et un diplôme à décrocher, sans compter le fait que je connaissais rien à tout ce langage informatique et que je n’arrivais absolument pas à faire héberger mon site. J’ai failli tout abandonner.
Et puis j’ai réfléchi. Ai-je fait tous ces efforts pour laisser tomber maintenant ? Des heures et des heures de travail, des dizaines d’euros dépensés dans les détails techniques, tout ça pour s’arrêter ici ? Sans avoir pu connaître la satisfaction qu’au moins une personne me dise que mon travail en vaut la peine ? Pas question !
Si vous avez une idée en tête, que ce projet vous tient vraiment à cœur, ne laissez pas vos barrières psychologiques tout détruire.

Aujourd’hui mon blog est lancé, et à chaque fois que mes doutes reviennent, je repense à la satisfaction que j’éprouve quand ma page apparaît sur l’écran, à la raison pour laquelle j’ai voulu me lancer dans cette aventure au départ. Mon blog n’est pas parfait et il ne le sera probablement jamais, mais c’est moi qui l’ai fait de A à Z. Il reflète celle que je suis à l’instant T. Trouvez au moins une chose qui vous rend fier, et accrochez-vous à ça avant d’appuyer sur le bouton “Supprimer”.

Ne laissez plus vos peurs/doutes se mettre sur votre chemin.

 

S’il y a bien une personne qui n’a pas eu peur de se lancer, c’est Magali BATAILLIER, créatrice d’INFiNIE M, une jeune marque de bijou Made in France, 100% innovante avec une collection de bagues interchangeables. Elle constitue à l’heure actuelle une de mes plus grandes inspirations. Je vous laisse découvrir les coulisses de la création de sa marque.

Interview de Magali BATAILLIER

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  • Comment as-tu trouvé l’idée ? 

L’idée du projet m’est venue en 2006. À la mort de ma mère j’ai hérité de bagues. Uniquement des bagues. Je n’avais pas d’héritage, on s’est partagé avec ma soeur des bijoux. Elle a eu les bracelets et les colliers, et moi j’ai eu les bagues. Je les ai gardées dans un coffret.
Puis un jour, je suis tombée sur une de ces bagues, que je n’ai pas réussi à enfiler. C’était une bague avec une sphère. Je me disais qu’il était dommage de ne pas pouvoir les mettre, sans pouvoir y faire grand chose. Je n’avais pas d’idée précise, en tout cas quelque chose s’est déclenché ce jour là.
Je me suis réveillée un matin en disant à mon mari de l’époque : “Il faut absolument que j’aille voir quelqu’un, j’ai une idée de bague qui pourrait aller à tout le monde, dont on pourrait changer les couleurs à l’infini”. C’est venu comme ça. Je ne pourrais pas le décrire autrement. C’était un matin en me levant.
J’ai toujours eu cet esprit créatif. Lorsque mon fils était petit je faisais des travaux manuels, j’ai toujours fait des encadrements, plein de choses. Mais, de là à se lancer dans un bijou … Je n’étais pas bijoutière.
Après avoir eu cette idée, j’ai cherché un moyen de faire une pince. Je me suis basée sur une des pinces classiques qu’on a dans les tiroirs, j’ai retrouvé une pince à sucre. Et puis je suis allée voir un cabinet d’avocats spécialisés dans le dépôt. Je leur ai parlé de mon projet. J’ai fait appel à des ingénieurs qui ont dessiné ce que j’avais en tête, pour savoir si c’était réalisable. Et ça l’était. Une fois les premiers prototypes fabriqués, j’ai décidé de déposer le brevet.

 

  • Quelles barrières as-tu rencontré ? Quelles peurs avais-tu au départ ?

Aucune. C’était quelque chose d’évident, je ne me posais pas de questions. Je ne savais absolument pas où ça allait m’amener. La preuve en est, le projet date de 2007 et j’ai décidé de monter cette entreprise beaucoup d’années après.

 

  • Quel a été le déclic qui t’a fait sauter le pas ?

Des événements personnels, comme ma séparation. Et des rencontres. Faire voir ce premier bijou à mon neveu qui m’a dit :  “Pourquoi tu le fais pas ? C’est magnifique. Pourquoi est-ce que tu n’essaies pas d’en faire quelque chose ?”. Puis une deuxième rencontre, un ami, qui m’a présenté un avocat en propriété intellectuelle. Et voilà, c’est venu comme ça, comme une évidence. Aujourd’hui avec le recul je dirais qu’à l’époque, même si j’avais eu une montagne en face de moi, elle n’aurait pas pu m’arrêter.

 

  • T’arrive-t-il d’avoir encore des doutes ?

Oui tout le temps. Tous les jours. Des doutes, non pas sur la réussite du projet, mais sur quoi faire, comment, avec qui, à quel moment, et de quelle façon. Est-ce que j’ai pris la bonne décision ? Etc. Tout le temps.

 

  • Qu’est-ce qui te redonne confiance en toi quand tu as un coup de mou ?

Tout le travail personnel qu’il est indispensable pour moi de faire. J’ai commencé, après ma séparation, à faire du travail sur moi parce que je n’étais pas en grande forme. J’ai fait un travail de “développement personnel”, comme on l’appelle aujourd’hui. J’ai découvert des lectures qui m’ont donné des clés, des outils. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, quand je doute, je vais chercher dans toutes mes lectures ou dans toutes les expériences et rencontres qui m’ont aidé dans mon développement, des clés qui m’aident à rebondir.

 

  • Quels sont tes objectifs à court/moyen/long terme ?

À court terme, mon premier objectif serait de ne plus être seule dans l’entreprise. Le deuxième objectif serait de pouvoir vraiment déterminer les investissements indispensables que je dois faire par rapport à INFiNIE M. À moyen terme, d’asseoir la marque. Créer une équipe qui va faire qu’INFiNIE M devienne une vrai marque de bijoux/joaillerie. À long terme, la pérennisation de l’entreprise, avec deux axes possibles : une continuité de l’entreprise ou tout simplement la vente.

 

  • Quelles sont tes inspirations ?

Mon grand-père artiste peintre, ma mère femme indépendante et courageuse, Gandhi et la force qu’il y a eu de tout lâcher pour l’humanité. La musique aussi. Tout la musique, en passant par “Le temps qu’il reste” de Serge Regiano, à ce morceau exceptionnel “Agnus-dei”, jusqu’à Claudio Capello “Dis-le moi”.

 

  • As-tu un dernier conseil à donner à quelqu’un qui a un projet en tête (quel qu’il soit) et qui a encore du mal à se lancer ?

Je dirais que ce n’est pas la peur qui doit empêcher de faire un projet. Il faut oser se poser les bonnes questions et toujours de manière positive : “Où en suis-je aujourd’hui ? Qu’est-ce qui me rend heureux ?” et surtout, “Qu’est-ce que j’aime faire dans la vie ?”. Arrêter de se demander “Qu’est-ce que je n’aime pas faire dans la vie ?” car il y aura toujours un tas de choses qu’on n’aime pas faire. Le plus important est de se concentrer sur le positif. C’est une des choses les plus difficiles.
Puis lorsqu’on a une idée, on se demande comment faire. C’est à ce moment là que peuvent survenir les doutes. Mais il s’agit généralement de croyances : “T’es trop vieille !”. Pourquoi ? Qui l’a dit ? Personne.
Le manque de confiance en soi est souvent dû à un problème d’image et d’égo : “Que va t-on va penser de moi ?”. Cependant l’égo est indispensable, même s’il a aujourd’hui une définition péjorative. J’ai eu une éducation où il ne fallait pas trop se vanter. Beaucoup de gens m’ont dit : “C’est bon, tu n’es pas Einstein non plus !”. Pourtant je considère qu’on n’a pas besoin d’être Einstein pour être fier de ce qu’on a fait. Il faut trouver quelque chose de satisfaisant dans chaque chose que l’on accomplit, continuer à avancer et à apprendre de tout ce qu’on a vécu.

Merci Magali pour tous ces conseils !
En savoir plus : https://bit.ly/2HnH346

 


Et vous, y a-t-il une peur qui vous empêche de vous lancer ? N’hésitez pas à partagez votre ressenti et votre avis dans les commentaires ci-dessous !


Allison